Le mode de vie agro-sylvo-pastorale, enjeux de la patrimonialisation et de la mise en tourisme pour le développement territorial des zones de la haute montagne. Cas de l’Agdal de l’Oukaimden et du Yagour

El Ouarti Ayoub
Thesis Advisor: Pr. Said BOUJROUF (LERMATDD, FLSH Marrakech).
Thesis Co-Advisor: Pr. Geneviève MICHON (IRD, GRED Montpellier).
Laboratoire LERMA-TDD, Université Cadi Ayyad Marrakech.

Les montagnes du Haut Atlas occidental, comme c’est le cas des autres chaines montagneuses dans le monde, de par leur géomorphologie et leurs conditions climatiques rudes, ont toujours imposé un style de vie aux populations riveraines. L’homme, depuis la préhistoire, a su s’adapter à la montagne et a trouvé un compromis pour y gérer durablement les ressources, façonnant ainsi des socio-écosystèmes uniques. Le mode de vie agro-sylvo-pastoral, observé chez les montagnards du Haut Atlas, atteste parfaitement de la construction de socio-écosystèmes, qui fascinent et inspirent les spécialistes du développement durable, de la préservation des écosystèmes, de la gouvernance en matière de la gestion des ressources territoriales et d’occupation des espaces. Cet équilibre assuré, entre autres, par la médiation des pratiques et des savoir-faire des agro-pasteurs-transhumants, se voit aujourd’hui bouleversé par des changements d’ordre démographique et socioculturel, politique et économique, climatique et environnemental. Profondément touché par ces chamboulements, le patrimoine des agro-sylvo-pasteurs et de leurs territoires de vie est en transformation continue voire dans certains cas en dégradation et en perdition, chose qui nous pousse à nous interroger sur les potentialités qu’offrent les dynamiques de patrimonialisation et de mise en tourisme pour le mode de vie agro-sylvo-pastoral et pour le développement territorial des zones de haute montagne.

Le présent projet de thèse se propose d’étudier, dans un premier temps, l’état et l’évolution des héritages locaux (savoir-faire, paysage, spécificités locales) ainsi que les enjeux de leur patrimonialisation pour leur sauvegarde et leur valorisation. Dans un second temps, ce projet s’interrogera sur la mise en tourisme de ce mode vie et de ses territoires de pratiques, car le tourisme, souvent présenté comme une alternative de développement social ou comme un moyen de promouvoir le patrimoine, n’est pas non plus exempt d’impacts négatifs sur les territoires et les communautés. Notant ici que le massif du Toubkal a connu une mise en tourisme depuis les débuts du protectorat français au Maroc, et continue jusqu’à aujourd’hui à être le territoire par excellence du tourisme de montage du royaume. L’investissement dans le système touristique, de la part des agro-sylvo-pasteur ou à travers des dynamiques territoriales exogènes (institutions, opérateurs de voyages…), ne fait qu’accélérer les changements, menant soit à la dégradation, soit à la sauvegarde et à la promotion de ces territoires et du mode de vie agro-sylvo-pastoral. Enfin l’analyse de l’articulation entre processus de patrimonialisation et mise en tourisme permet de réfléchir sur le développement territorial de ces zones de montagne.


Perspectives de la contribution au projet Géoparc:

  • WP2 (T1.4 and T1.5): L’étude des potentialités de la patrimonialisation et du tourisme durable pour le développement humain et social.
  • WP2 (T2.1): L’étude des enjeux de développement de la vallée du Zat et de son ouverture sur l’extérieur (accessibilité, aménagement…), et de sa mise en tourisme.
  • WP2 (T2.2 and T2.3): L’étude des dynamiques patrimoniales (en guise de préservation du patrimoine naturel et culturel) et des jeux sociaux des différents acteurs impliqués dans ces dynamiques(acteurs locaux, institutionnels, touristes…)

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