Le patrimoine naturel, la démocratie participative et l’Unesco, une fabrique des désillusions ?

photo paysage

Igor Babou, Université Paris-Diderot, CERILAC (EA 4410)

En sciences sociales, ou dans les discours des acteurs on rencontre une grande diversité terminologique pour qualifier « l’ouverture » démocratique des débats et des modalités de prise de décision à des populations non expertes ou à des organismes non gouvernementaux. Cette ouverture est préconisée quand des populations sont concernées dans leur vie quotidienne par un problème, généralement scientifique, technique, environnemental, ou d’aménagement du territoire. Dans la plupart de ses préconisations et en particulier dans ses textes définissant les géoparcs, l’UNESCO affiche l’intention de prendre en compte les « communautés locales » et les parties prenantes, dans une perspective de participation, le tout dans un mouvement supposé être induit par ces communautés (« bottom up »). Cependant, lorsque l’on mène des recherches des expériences participatives dans le contexte de parcs inscrits au patrimoine mondial, on constate de sérieuses différences entre les déclarations d’intention et ce que les enquêtes de terrain permettent d’observer.


La « participation » et la « démocratie environnementale » : de quoi s’agit-il ?

L’ambition du « participatif » est généralement de compléter les dispositifs de la démocratie représentative et de compenser les effets d’une gestion des affaires publiques considérée comme trop technocratique ou comme inefficace parce que centralisée par des institutions étatiques : les enjeux sont alors de faire émerger de nouveaux acteurs porteurs de nouvelles idées, voire de nouveaux savoirs.

Pour fixer rapidement les idées sur les dispositifs participatifs, on peut prendre l’exemple classique des « conférences de consensus » : dans le cas de ces dispositifs, un organisme qui peut être gouvernemental réunit un panel représentatif d’une population autour d’un problème demandant une décision politique. Ce groupe est constitué de 15 à 30 personnes, et il est mobilisé durant une période d’un mois, principalement pendant les week-ends. Il est accompagné d’un médiateur, et il auditionne des experts du problème qui sont choisis de manière à refléter la diversité des positions autour de ce problème. Le groupe peut demander à entendre d’autres experts que ceux qui lui ont été présentés. Ensuite, il délibère longuement, et produit un rapport dans lequel l’ensemble des opinions doit être exprimé : il n’y pas de vote, mais une décision au consensus qui doit exposer les opinions même les plus minoritaires dans le texte final. Ce rapport sert alors à éclairer les décisions de politiques publiques. Le dispositif décrit ci-dessus représente un peu la version idéale-typique, car il en existe en réalité une série de déclinaisons ou de variantes méthodologiques, qu’il serait trop long de décrire ici.

Bref historique des dispositifs participatifs et de la démocratie environnementale

Les dynamiques sociales et historiques d’émergence du participatif sont complexes à décrire de manière concise car on se trouve face à un phénomène d’ampleur internationale, et à un mélange de volontarisme institutionnel et de renouvellement démocratique acquis dans la lutte par des acteurs non gouvernementaux. A ces deux champs de pratiques et de discours (celui des cadres institutionnels et celui de la mobilisation des publics) il faut ajouter

le champ scientifique (des sciences sociales aux sciences de la nature) qui joue un rôle ambigu, pris entre un affichage de neutralité et une implication active dans la mise en place de dispositifs de démocratie participative.

On peut faire remonter l’émergence d’une sensibilité environnementale et son appui sur des mobilisations citoyennes pour influencer les politiques publiques au XIXème siècle, par exemple avec la mobilisation des peintres de l’École de Barbizon, de Victor Hugo, de Georges Sand et de divers naturalistes, pour obtenir le classement du paysage de la forêt de Fontainebleau menacée de coupe à blanc.

Carte postale ancienne représentant des rochers à l’entrée de Barbizon, dans la forêt de Fontainebleau (début du XXème siècle)

On peut aussi évoquer la mobilisation de scientifiques, aux États-Unis comme en Europe, qui sortent dès la fin des années 1940 de leur neutralité pour dénoncer publiquement, dans les médias, le pillage de la planète et les destructions de la nature : les ouvrages et articles de Fairfield Osborn, en 1948 aux USA, ou encore les nombreuses prises de position de Roger Heim (ancien directeur du MNHN) au début des années 1950, ont été des points de départ de mobilisations citoyennes qui se sont développées à partir des années 1960 autour du monde associatif avec des « affaires » célèbres bien décrites par la sociologie de l’environnement (échouage du Torrey Canyon et marée noire en Bretagne en 1967, puis l’affaire de la sauvegarde du parc national de la Vanoise en 1969).

Couverture du livre de Fairfield Osborn (Our Plundered Planet, 1948)
Couverture du livre de Roger Heim (Destruction et protection de la nature, 1952)

Ces affaires ont démontré, avec d’autres, la capacité du public à se mobiliser pour construire des causes et remporter des victoires face à des acteurs puissants au plan politique et économique.

En parallèle à ces mobilisations, les institutions ont progressivement inscrit la participation du public et la gouvernance avec des parties prenantes dans les pratiques politiques. On peut identifier une première émergence dès les années 1960 aux USA avec les offices d’évaluation scientifiques et technologiques, ou avec les Community Action Programs travaillant pour le développement communautaire, et à qui on fournit des budgets et une aide administrative pour résoudre des problèmes identifiés par les communautés elles-mêmes.

C’est aussi au début des années 1950/60 que l’éco-anthropologie s’intéresse aux savoirs locaux sur l’environnement dans les sociétés dites « traditionnelles », même s’il faudra attendre la fin des années 1980 pour que ces savoirs soient reconnus et pris en compte dans la gestion de la biodiversité par les grandes ONG internationales comme le WWF et l’UICN. Enfin, on peut évoquer l’écomuséologie qui a été très précoce dans la mise en œuvre d’une participation des communautés locales à la gestion des écomusées dès le début des années 1970.

Ted Watkins, Foreground, with Youth Applicants, Watts Labor Community Action Center, 1967 Image Courtesy of HERALD EXAMINER COLLECTION/Los Angeles Public Library

Les bilans critiques du participatif et de la démocratie environnementale :

La démocratie participative a fait l’objet de recherches empiriques en sciences sociales et bénéficie maintenant de bilans critiques couvrant une littérature scientifique internationale, de revues, de groupements scientifiques, de colloques, etc.

Le premier texte analysant des dispositifs de participation a été publié aux USA en 1969 par Sherry Arnstein : il présente un classement des modes d’implication des publics selon un gradient allant de la simple information (considérée par Arnstein comme un processus de manipulation, quand des élites politiques se contentent de réunir des populations afro-américaines pauvres pour leur annoncer qu’un équipement médical qu’elles n’ont pas demandé et qui va les priver d’autres services, va être installé dans leur quartier), jusqu’à la cogestion considérée comme l’idéal à atteindre pour redonner du pouvoir à ceux qui n’en ont habituellement pas (comme dans le cas où des habitants d’un quartier pauvre à Harlem gèrent eux-mêmes un programme et un budget de développement).

L’article d’Arnstein est caractéristique d’une lecture critique et désabusée d’un secteur qui était pourtant à peine émergent à l’époque, mais qui reste encore aujourd’hui marqué par des tensions entre d’un côté un idéal normatif de démocratisation et de renforcement des capacités à agir, et de l’autre une communication stratégique proches de la manipulation. Et depuis 1969, les recherches ne cessent d’alterner entre la critique des illusions du participatif et l’annonce de nouvelles méthodes permettant de résoudre tous les problèmes du passé.

Parmi les grandes synthèses théoriques réalisées récemment, dans ce domaine assez énorme, figure le bilan d’étape de Barbier et Larrue (2011). Ces auteurs ont repéré, dans la littérature, de grandes familles de typologies de dispositifs participatifs. Mais d’après Barbier et Larrue, il y a des divergences dans les critères retenus par les chercheurs pour la description de pratiques qui sont très hétérogènes et encore en cours d’institutionnalisation. Les divergences dans les critères d’analyse portent notamment sur le degré d’implication des publics à retenir pour définir si une pratique est participative ou non (on retrouve l’échelle d’implication d’Arnstein…), ou encore sur la possibilité de distinguer nettement entre l’information, le débat public, la délibération, la décision partagée, ou la cogestion pour déterminer le périmètre de ce que l’on appelle « participation ».

Les auteurs identifient 3 types de justification à l’institutionnalisation d’une démocratie environnementale :

  • Instrumentale : la participation permet d’éviter la remise en cause ultérieure des projets, toujours coûteuse, en créant de l’acceptabilité sociale
  • Substantielle : la participation améliore la prise de décision en apportant de nouveaux savoirs
  • Normative : la participation consolide la citoyenneté (notamment dans le contexte des mouvements pour la justice environnementale aux USA)

Quand on analyse dans le détail des exemples diversifiés de dispositifs qualifiés de « participatifs » (Neuman, 2006) on est frappé par leur extrême hétérogénéité :

  • Hétérogénéité en termes de méthodes (débats avec ou sans vote, préparés ou non par une formation auprès d’experts, etc.),
  • Hétérogénéité en termes d’acteurs impliqués (d’un échantillon statistiquement représentatif d’une population nationale à un comité d’expert sélectionnés par un organisateur),
  • Hétérogénéité en termes de productions éditoriales (du rapport rédigé par des citoyens à partir d’un problème qui leur est soumis, à la proposition d’un scénario présentant des visions du futur autour d’une pratique d’aménagement).

À cette hétérogénéité s’ajoute le fait (ici, je m’appuie sur des observations personnelles, et non sur le travail de Neuman) que ces pratiques de participation s’appuient sur une circulation internationale de modèles, qui font l’objet d’analyses et de critiques savantes ou ordinaires, d’emprunts, de bricolages conceptuels et organisationnels, de simplifications ou d’hybridations entre modèles.

La synthèse de Barbier et Larrue était focalisée sur des cas européens ou nord-américains, et sur des contextes correspondant aux pays industrialisés (gouvernance de l’eau, mobilisations citoyennes face à des projets industriels, etc.). Un aspect frappe à la lecture de ce bilan, ou de ceux d’autres auteurs, ou encore quand on lit des études empiriques : l’absence de prise en compte des effets de la participation sur la qualité de l’environnement. C’est d’ailleurs l’un des points de la conclusion de la synthèse bibliographique de Barbier et Larrue.

On dispose pourtant de bilans réalisés de manière assez précoce, à la fin des années 1990, sur la gestion participative des forêts d’Afrique centrale (Nguinguiri, 1999) qui présentent des réflexions extrêmement intéressantes, dans le contexte de pays du Sud, sur les relations entre méthodes de participation, jeux d’acteurs entre populations locales et développeurs, et gestion des ressources. Ce type d’approche a l’intérêt de ne pas se focaliser exclusivement sur la dimension socio-politique des dispositifs participatifs, mais de tenir compte en plus de la dimension des ressources dans une perspective d’interdisciplinarité avec la biologie de la conservation, ce qui fait souvent défaut aux approches socio-politiques.

On a là, semble-t-il, un point de clivage important dans la littérature scientifique : d’un côté, des études et des bilans qui développent des analyses raffinées des modalités d’implications des populations ou des parties-prenantes dans le débat politique mais qui laissent de côté les enjeux naturalistes de la gestion des ressources (études et bilans réalisés plutôt par des sociologues et des politistes), et de l’autre des approches plus interdisciplinaires qui tentent d’intégrer la dimension politique et la dimension environnementale, en particulier en s’intéressant aux usages des ressources, et aux représentations et savoirs à propos des écosystèmes, à l’économie dont ils sont l’objet, aux interactions d’acteurs et aux circulations de savoirs entre les populations (là, on est plus proche du champ de l’éco-anthropologie).

On dispose enfin d’études empiriques portant sur la participation et la gouvernance dans les aires naturelles protégées, mais il semble qu’elles n’ont jamais fait l’objet d’un bilan d’ensemble. On trouve enfin quelques textes portant sur la participation dans les géoparcs (en Iran ou en Indonésie), mais qui relèvent plus du commentaire que de la recherche en sciences sociales.

Dernier point de clivage, celui entre la littérature des sciences sociales et les guides méthodologiques ou les textes professionnels. On a l’impression de deux mondes bien distincts : d’un côté, les professionnels de la participation, les conventions internationales, l’Unesco et l’UICN, chantent les louanges du participatif comme facteur de renouvellement de la démocratie et de la prise en compte des populations locales ; de l’autre, le constat désenchanté des sociologues qui observent les dispositifs participatifs, et qui en tirent parfois la conclusion selon laquelle il y aurait là : « beaucoup de bruit pour rien ». Blondiaux et Fourniau, dans un autre bilan du participatif, en concluent qu’il faut dépasser l’horizon normatif sur lequel reposent les critiques désabusées. Il semble cependant bien difficile, en sciences sociales, de mener de bonnes descriptions de la démocratie indépendamment de tout horizon normatif.


Les points de tension au sein des espaces naturels protégés :

Une des questions fondamentales à se poser consiste à se demander d’où vient l’initiative de créer un patrimoine. Dans le cas des parcs et de leur inscription à l’Unesco, il est évident qu’à quelques exceptions près (comme le parc national des Cévennes), on rencontre rarement des communautés locales ou des associations capables de maîtriser les contraintes administratives et rédactionnelles exigées par ce type d’exercice.

La rhétorique de la « participation des communautés locales », et du « bottom up », achoppe toujours sur cette réalité : ce sont la plupart du temps des collectivités territoriales qui prennent l’initiative, sur des bases qui ne permettent pas de participation véritable, puisque les cadres juridiques, politiques et rédactionnels sont fixés dès le départ et ne peuvent être remis en cause (1). De plus, les initiatives institutionnelles de création de parcs, même quand elles prétendent faire du participatif (souvent après la création, quand il y a l’enquête publique ou quand il faut finaliser le plan de gestion ou la charte), s’inscrivent presque toujours dans le sillon des politiques de développement territorial antérieures. Dans ces contextes, on a une dysmétrie fondatrice entre d’un côté les porteurs de projets de développement, qui sont souvent des personnels administratifs ou des personnes dotés d’un capital culturel et économique important, et de l’autre les populations à développer, à qui on ne demande pas souvent dans quel sens elles souhaitent être développées, et qui n’ont pas toujours les ressources nécessaires pour faire valoir leur point de vue.

Ce qui se passe ensuite, bien souvent, c’est que sur ces bases, les projets de parcs ou les propositions d’équipements culturels, sont perçus par les habitants comme imposés de l’extérieur, et cela freine alors la participation. L’enquête publique à La Réunion, île qui comporte 800000 habitants, n’a recueilli que 90 témoignages, y compris avec la mise en place d’une interface numérique pour faciliter l’accès des habitants à l’expression. De même, en Argentine, peu de monde s’est mobilisé dans le village qui allait être intégré au parc, car cette initiative semblait venir de l’extérieur et ne répondait à aucune demande locale. On se retrouve alors bien souvent avec des dispositifs participatifs, mais sans participants.

En revanche, les habitants peuvent s’impliquer quand il s’agit de s’organiser pour lutter contre ces projets : c’est le cas à La Réunion, comme en Argentine, et cela montre bien que l’absence de participation n’est pas le signe de l’apathie politique d’une population, mais fonctionne plutôt comme une réponse rationnelle à des propositions jugées non pertinentes.

Une autre question importante se pose avec la définition des communautés locales concernées par la création d’un parc, et la manière dont elles seront bénéficiaires ou pas d’une amélioration de leurs conditions de vie, quand l’organisateur attend du participatif qu’il renforce la capacité à agir de populations considérées comme vulnérables. On rencontre ce cas quand les parcs sont peuplés par des populations autochtones. La littérature sur les parcs inscrits au patrimoine mondial regorge de constats d’échecs des politiques de développement à améliorer la vie des autochtones, puisque la mise en tourisme bénéficie plus souvent à des opérateurs extérieurs ou déjà bien dotés. Mais il ne faudrait pas négliger la situation des populations non autochtones (notamment les populations issues de migrations sur lesquelles j’ai travaillé en Argentine) qui ne bénéficient même pas des ressources d’autochtonie dont disposent les autochtones, et qui sont les laissés pour compte du développement patrimonial. J’ai constaté que face à des enjeux d’expression et de construction identitaire où le participatif intervenait, on avait un renforcement des inégalités politiques et culturelles pour les migrants. Or, comme les migrations s’annoncent comme l’un des faits anthropologiques majeurs des décennies futures, on peut craindre que l’extension continue des aires patrimonialisées ne creuse encore plus ces inégalités.

Le problème qui se pose pour ces populations, c’est que l’accès à l’expression dans les dispositifs participatifs dépend souvent de ressources : un folklore, des réalisations artistiques, un savoir local, etc. De plus, la rhétorique de l’Unesco et des grandes ONG internationales est calibrée pour repérer un certain type de ressources : celles dont disposent, par exemple, les peuples amazoniens. L’imaginaire qui structure ces rhétoriques de l’autochtonie et des savoirs locaux, c’est celui de la tribu au mode de vie resté traditionnel et menacée par le modernisme, que les ONG vont défendre contre l’industrialisation, par exemple. Ces cas existent, et heureusement que ces populations trouvent des porte-paroles dans ce secteur dominé par des rhétoriques administratives et des procédures de gestion de projet difficiles à maîtriser et totalement inadaptés à ce qu’elles prétendent favoriser, c’est-à-dire l’empowerment de populations fragilisées. Mais cet imaginaire empêche également de déceler dans les populations issues de migrations, des situations de vulnérabilité parfois aussi importantes que celles qui touchent les peuples autochtones.

On arrive maintenant à ce qui se joue quand on observe des dispositifs participatifs en action, lors de la discussion des plans de gestion, par exemple. Au-delà des nombreuses méthodes et procédures supposées faciliter la participation, trois points me paraissent très problématiques :

1. La dimension signifiante des dispositifs (la manière dont ils font sens à travers des langages, leur sémiotique) :

Tout d’abord, le problème qui se pose est celui de la langue utilisée : les problèmes de traduction sont loin d’être négligeables et c’était notamment le cas à La Réunion, où le créole est majoritaire chez les habitants, mais où le français est la seule langue parlée dans les administrations. Or, le projet de charte du parc n’a jamais été traduit en créole. Dans la perspective de la globalisation du patrimoine et du participatif, il y a aussi le problème de la prédominance de l’anglais comme langue de travail. Il est pourtant évident que tous les concepts d’une culture ne sont pas traduisibles dans n’importe quelle langue. C’était d’ailleurs le sens de l’ouvrage « Les intraduisibles du patrimoine », dirigé par Barbara Cassin et Danièle Wozny, en 2014. Avec la prédominance de l’anglais, et la trop faible prise en compte des autres langues dans les projets patrimoniaux, on crée des asymétries de pouvoir que le participatif ne réduira pas. Il y sans doute là une place plus importante à prendre pour les linguistes, qui restent malheureusement un peu trop à l’écart des travaux sur la patrimonialisation.

Ensuite, on peut identifier le problème que posent les procédures et les modalités d’expression formalisées des administrations : les chartes et les plans de gestion sont rédigés dans un vocabulaire juridique, et à La Réunion, cela a été très clairement une entrave à la participation des habitants les plus directement concernés (notamment au sein du cirque de Mafate), car la plupart n’avait pas été au-delà de l’école élémentaire. On demande généralement aux populations locales de se prononcer et de participer dans le cadre des procédures et du juridisme des administrations. Une véritable ouverture démocratique devrait pourtant permettre de transformer les manières de faire des administrations, et une véritable innovation en la matière pourrait consister à partir des pratiques des populations locales. Des collaborations entre ces populations locales et des sociologues, des politistes et des juristes, seraient sans doute fructueuses.

Enfin, dernier problème important, celui des dispositifs matériels de la participation. Les scientifiques ou les administrations publiques ne sont pas assez attentifs à ce qui fait signe, et sens, dans les interactions sociales ordinaires. Il existe tout un langage de l’interaction qui ne se réduit pas au symbolique, c’est-à-dire à la signification linguistique : savoir, par exemple, qui se déplace vers qui dans le cadre d’un dispositif participatif a ainsi une importance car le déplacement n’est jamais uniquement un transport, mais constitue toujours un opérateur de légitimité. En se déplaçant vers des populations locales, les porteurs du projet de charte du parc de La Réunion ont donné une légitimité à des habitants souvent laissés pour compte. C’était vécu comme un signe positif de l’implication des cadres administratifs du parc. Mais en parallèle, il a été difficile pour ces personnels administratifs et scientifiques d’interpréter l’usage d’objets du quotidien dans l’argumentation de ces populations locales qui ne maitrisaient pas bien l’argumentation orale et la prise de parole publique. Cela a conduit à évacuer des discussions certains habitants et certains thèmes pourtant très importants pour eux. Il y aurait donc des pistes à développer pour intégrer la dimension sensible, et pas seulement politique et cognitive, dans la réflexion sur le participatif (voir à ce sujet Babou, 2016, ou Berger, 2014).

2. La prolifération et la professionnalisation des intermédiaires :

La participation est devenu un marché, et c’est un secteur en cours de professionnalisation. Il existe ainsi des courtiers en participatif ou en patrimoine, et des entreprises qui interviennent sur la base de modèles formalisés, à un échelon international, en particulier dans le domaine de l’environnement. On y rencontre assez souvent des sociologues, des médiateurs, mais aussi des ONG, et également des universitaires en sciences de la nature. Dans le cadre de mon terrain en Argentine, ce sont des biologistes d’ONG qui organisaient des focus groups pour préfigurer un centre d’interprétation. Mais ils avaient choisi de contractualiser une société spécialisée dans l’animation de dispositifs participatifs, qui elle-même avait mandaté une psychosociologue. L’analyse des transcriptions de ces focus group m’a montré à quel point cet empilement d’intervenants professionnels pouvait causer un brouillage énonciatif de la parole, c’est-à-dire un masquage des intentions et des enjeux de l’organisateur, qui n’étaient plus du tout compréhensibles par les habitants. Ce qui a suivi était assez prévisible : il y a eu conflit entre les participants et la psychosociologue, et accumulation de rancœurs de la part des habitants (voir Babou, 2009). Cette prolifération d’intermédiaires ne se situe pas seulement entre le public et les administrations politiques, mais elle intervient aussi, en faisant autant de dégâts sociaux et politiques, au sein même des administrations des parcs nationaux, où la mise en place de focus groups ou de sessions de « vision partagée » a créé une distance forte entre les sphères de direction et les agents de terrain (Alban et Hubert, 2013 ; Babou, 2015).

3. La standardisation des modèles de participation :

Dans le contexte de cette professionnalisation du participatif, et des contraintes et des temporalités de la gestion des projets d’inscription à l’Unesco, des modèles standardisés de participation se sont développés. Ces modèles circulent à un niveau international, notamment dans les sphères des grandes ONG environnementalistes ou de celles du développement. Cela abouti à un paradoxe étonnant : pour donner la parole au local, on fait appel à des consultants internationaux qui s’appuient sur des modèles formels de participation globalisés (Babou, 2008 ; 2013 ; 2015). À mon avis, la standardisation du participatif est antinomique d’une authentique compréhension des jeux d’acteurs, et des formes de l’expression culturelle et politiques au sein d’une population locale, qui sont des phénomènes toujours singuliers, d’autant plus si on doit les appréhender dans leurs relations avec un milieu naturel. Quand il y a standardisation, cela ne peut se faire que dans une perspective de gestion rationalisée, or c’est justement contre l’idée d’une gestion administrative et surplombante du social que le participatif pourrait compléter efficacement la démocratie représentative. On rencontre là l’un des paradoxes constitutifs du participatif, et c’est peut-être ce paradoxe qui rend ses réalisations et son bilan si contradictoires.

1 Cette réflexion prend appui principalement sur les travaux menés et publiés sur le parc naturel de la Peninsula Valdés en Argentine (inscrit par l’Unesco pour sa biodiversité), et sur le parc national de La Réunion (inscrit par l’Unesco au titre de son paysage naturel et pour sa biodiversité) (Babou 2009, 2015).


Conclusion : les conséquences démocratiques des contradictions du participatif

Le lecteur aura compris que je souhaitais plutôt partager avec lui des interrogations, de la perplexité, voire des inquiétudes, que des « résultats » proprement dits. Mais je ne voudrais pas conclure sans attirer l’attention sur les effets concrets de ces contradictions dans le participatif. Ce que j’ai pu observer, en Argentine et dans une moindre mesure à La Réunion, c’est que lorsqu’un territoire est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, cela génère des attentes extrêmement fortes des habitants en matière de respect de l’environnement, de développement local et d’éthique de la discussion. Et lorsque ces attentes sont frustrées par l’amateurisme d’ONG qui se mêlent de fabriquer du politique et du culturel sans l’arrière-plan de problématisation qu’on peut avoir en sciences sociales, ou lorsque ce sont des politiciens qui utilisent le participatif pour valoriser leur bilan de mandat, ou alors lorsque certains sociologues s’engagent dans une dynamique d’expertise-conseil au sein d’entreprises privées (ce qui brouille les frontières classiques entre les dimensions descriptives, prescriptives et normatives), alors cela a des effets désastreux sur les fonctionnements démocratiques, mais aussi potentiellement sur l’environnement. Ce que j’ai observé (Babou, 2009), face aux désillusions créées par des dispositifs participatifs incohérents ou illusoires, c’est l’amertume et le mal être des habitants, leur repli face à la chose publique, et leur retrait des activités en faveur de l’environnement, activités bénévoles qu’ils avaient pourtant impulsées spontanément avant l’arrivée des développeurs de patrimoine, de l’Unesco et des ONG. Tout simplement parce qu’on ne peut pas jouer avec la démocratie sans risquer de casser profondément des liens sociaux, des perspectives de futur, et des manières d’habiter un milieu naturel.

Il faut donc être extrêmement prudent, accepter d’entrer dans les temporalités longues et dans les démarches artisanales de l’enquête ethnographique pour développer une connaissance des populations locales dans leur milieu, pour comprendre leur culture et les jeux d’acteurs, plutôt que tabler sur des méthodes standardisées. Il faut aussi nous interroger véritablement, en tant que chercheurs travaillant à la frontière de l’expertise, sur les enjeux au nom desquels on met en place un dispositif participatif. Il y a donc un important travail de réflexivité à mener, et je suis assez sceptique et inquiet face aux formalismes de l’éthique procédurale et administrative qui se répandent en ce moment pour l’évaluation des programmes de recherche (notamment au niveau européen) ou dans les pratiques d’inscription à l’Unesco : jamais aucun formalisme, nécessairement surplombant dans sa rationalité, ne remplacera une véritable éthique de la réflexivité appuyée sur le caractère souvent micro-local des enquêtes ethnographiques pouvant la nourrir. On rejoint là, au plan de la réflexivité, les inquiétudes que je souhaitais partager de manière plus distanciée, à l’égard des formalismes procéduraux surplombants que l’on peut décrire quand les dispositifs participatifs s’institutionnalisent ou s’inscrivent dans un marché globalisé des modèles et de l’expertise. Le problème réflexif à traiter devient alors celui de nos ethos scientifiques, restés souvent influencés par les enjeux de la « montée en généralité », et qui aboutissent alors à la formalisation de modèles surplombants. En matière de démocratie, il n’est pas certain que cet ethos positiviste soit réellement compatible avec une éthique du politique.


Bibliographie sur le thème « Participation et démocratie environnementale »

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Cadre juridique et conventions internationales :

  • Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. Unesco, Paris, 16 novembre 1972
  • Loi n°83-630 du 12 juillet 1983 relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l’environnement (France)
  • Convention sur la diversité biologique, Nations Unies, 1992.
  • Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, 1992
  • La Charte de la concertation du Ministère de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (5 juillet 1996, France)
  • Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès a la justice en matière d’environnement (dite « Convention d’Arhus »), 1998
  • Orientations devant guider la mise en œuvre de la Convention du patrimoine mondial, Unesco, Centre du Patrimoine Mondial, 2011.
  • Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation. Convention sur la diversité biologique Nations Unies, 2012.

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