Mission Oaxaca Mexique – Francisco Valdez (PALOC)

 

La première partie de cette  mission s’est déroulée, avec le Pr Yves Girault, coordinateur du programme européen H2020-MSCA-RISE-2014  Geopark et Catalina Gonzales, du 24 avril au 28 mai 2018. L’objet de la mission était de faire la visite de deux géoparcs mexicains: La Comarca Minera, situé dans l’état de Hidalgo, au nord du pays (25-04), et La Mixteca Alta, situé  dans l’état de Oaxaca, au centre du Mexique (27-04/8-06).

Les observations et des comparaisons faites au cours de notre séjour devraient nous amener à faire des remarques et des  propositions pour améliorer la présentation de certaines ressources naturelles et culturelles destinées à la visite par des touristes du parc La Mixteca Alta. Notre fonction était de conseiller l’équipe du géoparc de Oaxaca et  plus particulièrement au Dr. José Luis Palacio Prieto, représentant de l’Université Nacional Autonome de México qui a la charge de sa gestion.

À Oaxaca nous étions basés  à Yanhuitlán, une localité située à peu près au centre du géoparc. La nous avons eu l’opportunité de rencontrer des principaux membres de l’équipe Mme. Carmen Montes Lara, à l’ancienne maire de Yanhuitlán;  Mlle. Xotchil Miguel, géographe; et Miguel Ramirez, ingénieur forestier.  Nous avons parcouru  la presque totalité du géoparc avec tous les membres de l’équipe, incluant les guides locaux qu’ont été formés pour les visites touristiques. Le parcours s’est fait au long de plusieurs géosites : Los Corazones, Tooxi, Pozoltepec, Vista Hermosa, Ichiyodo, Yucudaac, Cruz de Tabla, Río Blanco. Ces géosites se trouvent éparpillés au long de 9 municipalités : San Andrés Sinaxtla, San Bartolo Soyaltepec, San Juan Teposcolula, San Juan Yucuita, San Pedro Topiltepec, Santa María, Chachoapam, Santiago Tillo, Santo Domingo Tonaltepec,  Santo Domingo Yanhuitlán. Le géoparc La Mixteca Alta couvre une extension de plus de 400 km2 .

Au long de notre visite nous avons pris des notes générales sur des aspects géologiques, topographiques et orographiques de la région. En même temps nous avons observé plusieurs bâtiments historiques de l’époque coloniale espagnole, et certains sites archéologiques de l’époque préhispanique. Parmi les monuments coloniaux visités, les plus importants étaient des temples et des couvents construits par les dominicains au cours de XVI et XVIIe siècles. Des monuments précolombiens présents dans la région ont été visités, plus en détail, avec l’archéologue américain Ronald Spores, au cours de la deuxième partie de notre séjour à La Mixteca Alta. Ma participation devait porter sur des observations liées aux ressources archéologiques et la façon dont ils étaient présentés dans le parc.

Une des tâches principales de notre mission était de conseiller l’équipe pour mettre en valeur  les aspects naturels et culturels  dans le centre d’interprétation que devrait être mis en place prochainement. À cette fin nous avons visité les deux endroits possibles pour l’emplacement du centre. Nous avons fait l’évaluation des ces emplacements nous avons déconseillé l’utilisation d’une salle située dans la cour intérieure de couvent Santo Domingo de Yanhuitlán, où il était aussi question de mettre en place un jardin ethnobotanique. Nos observations portaient notamment sur la taille inadéquate de cette salle, ainsi que sur la nature de certains murs en verre, peu pratiques pour l’exposition des vitrines et des panneaux. Bien que l’emplacement soit privilégié pour la visite des touristes, l’infrastructure était peu pratique pour des expositions et pour la sécurité des matériaux exposés. Nous avons également émis des objections à propos de l’emplacement du jardin ethnobotanique, au milieu du passage de différentes processions ecclésiastiques.

Nous avons signalé les mérites du deuxième emplacement possible, situé un peu à  l’extérieur de la localité. Cet endroit a été bâti par le gouvernement fédéral, il y a une dizaine d’années, comme un centre touristique mais n’a jamais été inauguré à cause des problèmes de propriété foncière de cet emplacement.

Dans une réunion de travail, maintenue avec la totalité de l’équipe, nous avons fait une présentation pour détailler tout à la fois les inconvénients de la salle située dans le couvent sur les avantages logistiques de l’infrastructure de l’emplacement situé à l’extérieur de la ville.  Un autre apport que nous avons fait au cours de la réunion a été la proposition de la création d’un sentier touristique, pour rendre plus visibles les mérites géologiques et botaniques du parc. Le sentier  pourrait démarrer de la place centrale de Yanhuitlán et se diriger vers le centre touristique (futur centre d’interprétation).  Tout au long du sentier il faudrait mettre des échantillons des différentes sorts des roches et des plantes typiques (des cactacées, des arbustes et des arbres fruitiers) de la région. Le sentier devrait être parsemé de panneaux interprétatifs sur les  différentes ressources naturelles et culturelles qui font du géoparc une attraction touristique singulière. Nous avons parcouru un trajet possible du sentier, avec certains membres de l’équipe, et celui-ci pourrait  avoir une extension réelle d’ un peu moins de 800 m.

En ce qui concerne le centre d’interprétation, nous avons fait un nombre de suggestions en ce qui concerne le contenu des panneaux explicatifs des géosites et de certaines vitrines.  La discussion a été productive et l’équipe a pris note de conclussions. Dans cette même réunion Mme. Catalina Gonzalez a fait une présentation de la thèse qu’elle prépare sur des géoparcs de l’Espagne.

 

J’ai effectué seul la deuxième partie de cette mission qui s’est déroulée avec l’objectif particulier de faire une évaluation des ressources archéologiques du parc. Celle-ci a commencé en compagnie de Xotchil Miguel dans plusieurs localités, nous avons aussi visité des petits musés et quelques collections locales. Cependant le parcours des sites les plus importants s’est fait à partir de 15 mai en compagnie de l’archéologue Ronald Spores. Des vestiges architectoniques de Yucuita,  et  Coyotepec ont été complémentés par des localités comme  Chachaopan, ou Rio Blanco  marquées par la présence des terrasses agricoles horizontales et les terrasses quasi verticales dits lamabordos.

Par ailleurs, nous avons eu la chance d’explorer, avec Ronald Spores, une structure funéraire vierge (intacte) qu’avait été trouvée dans la localité de Santiago Tillo il y a quelques mois, à la suite d’un tremblement de terre. Nous sommes entrés dans la tombe en compagnie des propriétaires du terrain. Il faut signaler qu’ils n’ont pas voulu signaler sa présence avant que la tombe ne soit inspectée par l’archéologue nord-américain. Notre intervention a permit  de faire le premier registre des éléments architecturaux de deux chambres souterraines, construites avec des blocs de pierre taillée, recouverts par des couches des stucs, peints avec une polychromie étonnante. Notre intervention a eu comme conséquence que les propriétaires ont été d’accord pour signaler la structure funéraire archéologique aux autorités fédérales. Par la suite il y a eu l’inspection officielle et des travaux de recherche et de préservation ont démarré au mois de juillet.

 

En complément de notre séjour à la Mixteca Alta, nous avons eu l’opportunité de visiter une très belle exposition thématique  sur l’archéologie du peuple Mixteque qui se tenait dans le palais du gouvernement fédéral à  Mexico, à la fin de notre séjour. Nous sommes rentrés à Paris le 9/10 juin 2018. Mes observations sur le géoparc et ses ressources archéologiques sont matières d’un article pour un ouvrage collectif qui devrait être publié  prochainement.

 

 

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