Participation au colloque inaugural Observatoire des patrimoines

Participation colloque inaugural Observatoire des patrimoines,
Sorbonne Université Mardi 18 octobre

Impliquer la recherche sur les patrimoines et l’enseignement interdisciplinaire dans un dispositif international émergent : les Géoparcs

Yves Girault (Paloc MNHN/IRD) & Joelle Le Marec Paris 4, Celsa

Notre proposition consiste à associer des équipes idéalement complémentaires dans leurs missions et leurs spécialités, pour développer la recherche et l’enseignement sur des patrimoines complexes à partir du cas des Géoparcs. Il s’agit en effet d’un dispositif international très récent et en développement rapide qui mobilise fortement la question des liens entre nature et culture, l’identification et la conservation d’objets « disputés » entre disciplines de référence éloignées, l’exploration des territoires, des mémoires, des pratiques et des savoirs des acteurs concernés. Nous souhaitons à terme réinvestir ces recherches dans la création d’un nouveau master qui prendra en compte pleinement les innovations scientifiques, patrimoniales et culturelles impliquées par cet objet et contribuera à la collaboration culturelle et scientifique avec les Suds.

Ainsi, d’initiative française [1] puis européenne [2], et mondiale [3] les Géoparcs associent un site géologique à la notion de patrimoine fondant en 1991 le concept de « patrimoine géologique ». Le contexte général tend vers une hyper-patrimonialisation de ces territoires par une multiplication et une superposition de Labels et dispositifs, à ceux déjà existants à l’échelle nationale (notamment les parcs naturels et les musées). Au dernier recensement on comptait 120 Global Geopark dont 69 en Europe, 46 en Asie, 4 en Amérique 1 en Afrique.

Le 17 novembre 2015 les 195 états membres de l’Unesco ont ratifié la création d’un nouveau label « Global Geopark Unesco ». Dès lors de très nombreuses candidatures émanent des pays du Sud (notamment en Amérique latine)  ce qui induit de fortes demandes de formation initiales. Sur les 5 formations actuelles que nous avons identifiées (qui s’apparentent aux “Museum training courses”), toutes sont pilotées par des géologues et des directeurs de géoparcs. Elles font la promotion du label géoparc, elles ne s’inscrivent pas dans le champ des études patrimoniales et ne mobilise pas les sciences sociales.

Dans le but de créer des savoirs et des enseignements plus en phase avec la complexité des patrimoines concernés, nous proposons de développer en commun des recherches spécifiques, notamment :

  • la condition de « public »  dans les géoparcs en Espagne et en France (qui est public de quoi à quel moment dans les territoires concernés, quelles sont les pratiques des médiations culturelles, institutionnelles et savantes qui sont associées aux Géoparcs (interprétation du géopatrimoine, éducation au territoire…) quelles sont les pratiques quelles sont les liens entre les structures culturelles, scientifiques et muséales qui sont associées à la vie des Géoparcs
  • les médiations culturelles et touristiques qui sont associées aux Géoparcs dans et hors des territoires, y compris sur les sites internet de ces structures ?

 


[1] Très rapidement les objectifs retenus pour les géoparcs étaient : préservation, éducation et tourisme durable.

[2] Création en 2000 du ‘European Geopark Label. S’alignant sur les normes internationales de candidatures (UNESCO), les géoparcs doivent désormais répondre à des critères de développement durable qui « ne concernent pas que les roches, [mais] aussi les hommes […] » (UNESCO, 2008).

[3] Création en 2004 du “Global Geopark Network (GGN) “  en regroupant 17 European Geopark,  Géopark chinois 8 au cours de la première  Global Geopark Conference in Beijing (China).

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