Problématiques de la recherche

Le projet européen « GEOPARK » a pour objectif d’étudier de manière comparée (Nord/Sud) les processus de patrimonialisation (nature, culture) dans un contexte de labélisation internationale (discours) par l’UNESCO et de s’interroger sur la notion de « patrimoine géologique » selon le Réseau mondial des géoparcs à l’aune de méthodologies empiriques de collectes de données patrimoniales (inventaires) et de dynamiques de développement socio-économique des territoires par le géotourisme.

Ainsi, le projet européen « GEOPARK » s’articule autour de quatre axes scientifiques et d’enseignement:

  1. Inventaires géologiques, minéralogiques et biologiques (Vallée du Zat, Maroc)
  2. Cartographie des patrimoines naturels et culturels (Vallée du Zat, Maroc)
  3. Le géotourisme comme dynamique socio-économique et durable du territoire
  4. Création d’un Master 2 européen (plateforme à distance : MNHN) « Geopark : Heritage Conservation and Sustainable Management ».

Sites patrimoniaux comparés (Maroc, Espagne) :

L’inscription de sites géologiques européens sur la Liste des géoparcs du Réseau mondial des géoparcs a initié une dynamique de reconnaissance par la communauté scientifique (experts, chercheurs) et internationale (UNESCO, Conseil de l’Europe) sur les caractéristiques singulières qui lient l’histoire des Hommes et celle de la Terre. Ainsi, de nombreux pays européens ont mis en place un processus d’inscriptions sur leur territoire national suite à la mobilisation de quatre parcs géologiques nationaux (France, Grèce, Allemagne et Espagne). Pionniers dans la gestion de sites géologiques, ces quatre organes ont impulsé la création du Réseau des Géoparcs Européens avec le soutien de l’UNESCO. En effet, cette organisation inter-gouvernementale était déjà mobilisée sur la protection du « patrimoine géologique » dans le cadre d’une pluralité d’outils normatifs (UICN, CoE, UNESCO) à l’instar de la Convention du patrimoine mondial (1972) par l’inscription de sites géologiques remarquables en tant que « patrimoine naturel » (article 2) ayant une « valeur universelle exceptionnelle ». Par ailleurs, les quatre géoparcs nationaux fondateurs se sont dotés très tôt de musées scientifiques (géosciences, histoire naturelle) afin d’élargir les enjeux de la préservation du « patrimoine géologique » et ainsi, favoriser la compréhension de la valeur des paysages géologiques, les savoirs des sciences de la Terre et sensibiliser les générations aux problématiques d’éducation à l’environnement (Venzal, 2012 :291). L’Espagne a ainsi développé une politique d’inscriptions (onze géoparcs sur son territoire national) portant ainsi cet Etat membre du Réseau des Géoparcs Européens comme l’un des plus actifs de la zone Europe.

Ainsi, dans le cadre du projet « GEOPARK », le Géoparc de Catalogne Centrale (2012) s’inscrit en tant que « point de référence » dans le processus de candidature et de patrimonialisation (nature, culture) sur un territoire géologique remarquable proche d’un espace urbain (60 km), cosmopolite et touristique majeur en partie inscrit sur la Liste du patrimoine mondial, à savoir la ville de Barcelone (1997). De même, la vallée du Zat est un territoire rural du Haut-Atlas situé à une soixantaine de km de la ville de Marrakech, elle-même membre des Villes du Patrimoine Mondial et inscrite sur la Liste de l’UNESCO depuis 1985. Cette vallée située sur le plateau du Yagour, peu fréquentée des touristes mais développant un écotourisme durable, possède des atouts géologiques et archéologiques remarquables, avec notamment l’un des principaux sites de gravures rupestres du Haut Atlas de Marrakech (Bellaoui, 2005). Depuis la récente inscription (2014) du géoparc du M’Goun dans le Haut-Atlas, le Maroc devient ainsi le premier pays arabe et africain à intégrer le Réseau mondial des Géoparcs et chef de file du réseau africain des Géoparcs : African Geoparks Network.

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