Rapport MLD GEOPARK Catalogne (Juillet – Août 2017)

Par : Romain Simenel


Problématique : La mission longue durée de deux mois dans le Geopark de Catalogne central avait pour objectif d’établir une réflexion comparative avec le projet du Geopark au Maroc. Le Geopark de Catalogne central est pensé dès 2011 et fait donc figure de référence pour la constitution des autres Geopark en Europe et ailleurs. Le Geopark de la Catalogne centrale a avant tout axé son projet sur le patrimoine géologique de cette région. Mes recherches sur place amènent à constater un écart flagrant dans l’effort de valorisation mis en œuvre dans le cadre du Geopark entre ce qui relève du patrimoine géologique, et ce qui relève du patrimoine social et culturel. Ce constat m’a permis de reconsidérer les recherches menées par certaines équipes au Maroc dans le cadre du programme Geopark, comme celles sur les usages contemporains des gravures rupestres ou des fossiles, comme de potentielles pistes fertiles pour penser la valorisation commune du patrimoine physique et culturel d’un géopark. Problématique La mission longue durée de deux mois dans le Geopark de Catalogne central avait pour objectif d’établir une réflexion comparative avec le projet du Geopark au Maroc. Le Geopark de Catalogne central est pensé dès 2011 et fait donc figure de référence pour la constitution des autres Geopark en Europe et ailleurs. Le Geopark de la Catalogne centrale a avant tout axé son projet sur le patrimoine géologique de cette région. Mes recherches sur place amènent à constater un écart flagrant dans l’effort de valorisation mis en œuvre dans le cadre du Geopark entre ce qui relève du patrimoine géologique, et ce qui relève du patrimoine social et culturel. Ce constat m’a permis de reconsidérer les recherches menées par certaines équipes au Maroc dans le cadre du programme Geopark, comme celles sur les usages contemporains des gravures rupestres ou des fossiles, comme de potentielles pistes fertiles pour penser la valorisation commune du patrimoine physique et culturel d’un géopark.


Etude du site du Puig de la Balma :

El Puig de Balma constitue le point d’intérêt central du Geopark concernant la dimension sociale et culturelle. Il s’agit d’un domaine rural dominé par une demeure accrochée à une falaise et transformée en gîte rural, restaurant de terroir et musée. Ce domaine offre à voir un éventail de savoirs, savoir faire, patrimoines, de la population locale et rurale de la Catalogne centrale. Plus encore, son paysage témoigne intimement du rapport de la population locale à son environnement et à la biodiversité qu’il recèle. Etude du site du Puig de la Balma El Puig de Balma constitue le point d’intérêt central du Geopark concernant la dimension sociale et culturelle. Il s’agit d’un domaine rural dominé par une demeure accrochée à une falaise et transformée en gîte rural, restaurant de terroir et musée. Ce domaine offre à voir un éventail de savoirs, savoir faire, patrimoines, de la population locale et rurale de la Catalogne centrale. Plus encore, son paysage témoigne intimement du rapport de la population locale à son environnement et à la biodiversité qu’il recèle. Le plus vieux acte manuscrit retrouvé ayant trait à la propriété d’El puig de la balma date de 1271. La signature calligraphiée possède des ressemblances fortes avec des caractères arabes. Mais d’après les propriétaires, la maison est encore plus ancienne, sauf qu’il n’y a pas de traces écrites pour le prouver.

 

Le système d’exploitation du milieu repose sur l’agriculture, l’élevage de cochons, des moutons en parcs, de la vigne et du maraichage. Le système traditionnel d’agriculture s’appelle feixes (feiches) en catalan ou bancales en espagnol, et désigne une agriculture sur terrasses ou banquettes. Celle-ci se décline selon la pente de la surface en terrasses étroites à de longues bandes de terres aménagées en banquettes en bordure des rios. Les terrasses ou banquettes sont divisées en parcellas, parcelles. La surface des forêts en hauteurs des terrasses est en partie structurée par un ancien aménagement en terrasses. Le paysage est truffé de baraqas de vigna, petite maisonnette en pierres sèches où les travailleurs venaient trouver un peu de repos. L’activité de la culture de la vigne semble avoir régressée ces derniers temps. Des petites étables en briques de terres pour les cochons sont aménagées au pied de la falaise surplombant la propriété qui portent le nom de cort en catalan. L’apiculture est pratiquée de manière semi domestique. Une douzaine de ruches sont disposées à quelques centaines de mètres de la maison. Les abeilles habitent les ruches toute l’année, excepté en été, quand il fait chaud. Elles se logent alors dans les anfractuosités de la falaise. Les moutons sont élevés dans un parc, campos et ne circulent pas dans les terres. Il n’y a plus de berger depuis une vingtaine d’années.

Les différentes familles de la vallée collectent, conservent et transmettent toute une série de graines locales de graminées, fruits ou légumes. Chaque année, une fête de la semence est organisée dans la demeure d’El puig de la Balma, où les différentes familles vendent et Les différentes familles de la vallée collectent, conservent et transmettent toute une série de graines locales de graminées, fruits ou légumes. Chaque année, une fête de la semence est organisée dans la demeure d’El puig de la Balma, où les différentes familles vendent et s’échangent leurs semences. Parmi les fruits et légumes, on peut citer notamment des types de tomates très appréciées.

Le musée renferme des centaines de pièces et d’outils de la vie quotidienne des habitants du lieu. Notamment, tous les outils de l’agriculture, de l’apiculture ou de l’élevage. Le musée renferme des centaines de pièces et d’outils de la vie quotidienne des habitants du lieu. Notamment, tous les outils de l’agriculture, de l’apiculture ou de l’élevage.

Cependant, ces initiatives de la part des propriétaires d’El Puig de la Balma et de ses habitants ne sont pas soutenues par le projet Geopark comme il se devrait. Bien au contraire, il n’y a aucune indication signalétique sur la route d’El puig de la Balma, le Geopark n’est d’ailleurs pas indiqué sur l’autoroute ou la nationale. Le Centre d’information de Moura, rarement ouvert, est le premier point d’information où l’on peut apprendre l’existence du site d’El puig de la Balma qui n’est qu’à quelques kilomètres de là. Enfin, la route menant au site est dans un état lamentable et semble n’avoir pas été rénové depuis plusieurs années. D’après les propriétaires, une petite équipe est venue au début pour leur apporter les brochures du géopark et leur expliquer le concept. Ensuite deux experts de l’Unesco sont venus l’année dernière, un italien et un japonais. Mais aucun chercheur n’est venu pour travailler sur le terrain ou s’intéresser aux particularités de la vallée et de la demeure.

Bien évidemment, il est difficile de trouver un lien entre le site d’El puig de la Balma et les sites géologiques de la Catalogne centrale, il s’agit là de deux thématiques différentes qui ne peuvent pas se recouper. D’où l’intérêt pour le projet Geopark Maroc, de penser à l’avance les rapports entre patrimoine géologique et patrimoine culturel sous peine de connaître le même genre de rupture entre ces deux dimensions patrimoniales. Or, les travaux sur l’utilisation contemporaine des fossiles ou des gravures rupestres, constituent deux pistes intéressantes dans la manière de faire coïncider justement patrimoine géologique et patrimoine culturel.

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