Situation actuelle des géoparcs dans le monde

D’initiative française, puis européenne et mondiale les géoparcs associent un site géologique à la notion de patrimoine fondant ainsi le concept de « patrimoine géologique » tel qu’il a été défini par la Déclaration de la Mémoire de la Terre en 1991 à Digne-les-Bains (France) en tant que « bien commun de l’Homme et de la Terre » reposant sur une mémoire antérieure à celle de l’Homme (Venzal, 2012 : 288).

Selon la Charte du Réseau des Géoparcs Européens adoptée en Juin 2000 en Grèce, un géoparc européen peut être défini comme un « territoire qui comprend un patrimoine géologique remarquable et met en place une stratégie de développement territorial durable », néanmoins la seule présence de sites géologiques remarquables de par leurs propriétés scientifiques, leur rareté ou leurs valeurs esthétiques ne constitue plus une garantie unique pour obtenir le précieux Label. S’alignant sur les normes internationales de candidatures (UNESCO), les géoparcs doivent désormais répondre à des critères de développement durable qui « ne concernent pas que les roches, [mais] aussi les hommes […] » (UNESCO, 2008). En effet, depuis 2004 le Réseau mondial des géoparcs « Global Geoparks Network – GGN » souligne l’importance du géotourisme comme moteur de développement durable des territoires « afin de favoriser les économies locales et d’aider les populations à comprendre l’évolution de leurs paysages » (UNESCO, 2008). Ainsi, ce Réseau mondial, à l’instar des autres Labels UNESCO (Patrimoine mondial de l’humanité, L’Homme et la Biosphère), attire de plus en plus de pays du Sud (Afrique, Asie, Amérique Latine) comme nouvelle perspective socio-économique locale de préservation et de valorisation de l’environnement naturel et culturel. Ce contexte international unique tend le plus souvent vers une hyper-patrimonialisation de ces territoires par une multiplication et une superposition de Labels, à ceux déjà existant à l’échelle nationale. Ainsi, émergent lentement au Sud des inscriptions par des pays déjà expérimentés dans les dossiers de candidatures au « Label UNESCO » comme en Chine (31 inscriptions géoparcs depuis 2004, 47 biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial depuis 1972). A l’inverse, d’autres territoires connaissent une dynamique moins soutenue (quantitatif) mais néanmoins en gestation active (Maroc : 1 inscription géoparc, Brésil : 1 inscription géoparc, Uruguay : 1 inscription géoparc). L’observation et l’étude de ces déséquilibres (Sud-Sud) et (Nord-Sud) dans les processus de patrimonialisation (UNESCO) de la nature et de la culture (international vs local) soulignent l’importance de changements sociaux et environnementaux majeurs dans les sociétés (Nord/Sud).

Yves Girault.

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